Guillaume Larrivé : « Je suis candidat »

Guillaume Larrivé : « Je suis candidat »

Le député de l’Yonne, deuxième postulant déclaré à la présidence de LR, dévoile ses ambitions au « Figaro ». Guillaume Larrivé est secrétaire général délégué des Républicains.

LE FIGARO.- Êtes-vous candidat à la présidence LR ?

Guillaume LARRIVÉ. - Oui, je suis candidat pour tracer un nouveau chemin. L’enjeu, c’est la France. L’élection d’Emmanuel Macron face à Marine Le Pen, en 2017, a aggravé les fractures françaises. Notre pays est déchiré. La paix civile elle-même est fragilisée. Et la scène politique, aujourd’hui, paraît cadenassée. On voudrait nous faire croire que l’histoire est finie et qu’il n’y a plus rien entre LREM et le RN. Mais 80 % des Français ne veulent pas être prisonniers de ce faux duel, qui est un vrai duo. Nous, Les Républicains, n’avons tout simplement pas le droit de renoncer. Je le dis à mes 130 000 compagnons qui militent dans nos fédérations, à mes collègues élus : parce que nous sommes les héritiers des fondateurs gaullistes de la Ve République, nous avons une responsabilité singulière. Ensemble, nous devons et nous pouvons transformer LR pour devenir demain, non pas un petit parti anti-Macron, mais le grand mouvement de l’après-Macron, capable de réconcilier la France, de relever la nation et de libérer les Français.

Quelle est votre différence avec Christian Jacob, candidat lui aussi ?

Parce que je suis engagé dans notre mouvement depuis l’âge de 17 ans, je mesure ce qu’est la force militante, la joie des victoires partagées, la tristesse des défaites et l’espoir des prochaines batailles à mener. Je suis reconnaissant à Laurent Wauquiez d’avoir eu le courage de tenir la barre dans la tempête, d’avoir désendetté le parti et assumé des idées fortes : je sais qu’il est et sera au service de notre pays. Maintenant, l’élection du nouveau président ne doit pas aboutir à un filet d’eau tiède. Ce n’est pas une question de personne mais de profil. Une candidature unique priverait nos militants et nos élus de la liberté de choisir l’avenir. De 2019 à 2021, travaillons sérieusement au « quoi » et au « comment » , en bâtissant une vraie équipe de France ! Je me réjouis qu’Éric Woerth m’apporte son expérience et son soutien pour que, avec tous les talents, nous puissions demain fédérer LR, rassembler toutes les générations et mobiliser toutes les énergies, à l’Assemblée, au Sénat et dans les territoires.

Que pensez-vous de la tentation d’un rapprochement avec le RN ?

Les Républicains ne sont pas et ne seront jamais des supplétifs du lepénisme ou du macronisme. Je ne veux ni reniement ni ralliement. Résistons ! Assumons ce que nous sommes ! Traçons ensemble une ligne claire, face aux cinq grands défis mondiaux : l’explosion démographique et la pression migratoire, la mondialisation du djihadisme, mais aussi le basculement du capitalisme vers l’Asie-Pacifique, l’irruption de l’intelligence artificielle et ses imbrications avec le vivant, l’urgence écologique et climatique. Nous devons renouer avec notre destin de puissance européenne et mondiale. Pour relever la nation, le projet LR doit permettre l’arrêt de l’immigration de masse, la lutte contre l’islamisation, le rétablissement de l’autorité de l’État, la défense de la laïcité, l’affirmation de l’égalité entre les femmes et les hommes. Et pour libérer les Français, nous devons organiser une réduction volontariste des dépenses publiques, baisser enfin les impôts, encourager l’innovation technologique et écologique, récompenser le travail, valoriser les entrepreneurs.

Nicolas Sarkozy doit-il jouer un rôle dans cette refondation ?

J’ai été formé à deux écoles : celle du terrain, dans les petites villes et les villages de l’Yonne, et celle de Nicolas Sarkozy, au coeur de l’État. Pendant sept ans, j’ai eu l’immense privilège de travailler au sein de son équipe, Place Beauvau et à l’Élysée. Plus encore qu’une leçon de politique, il m’a donné une belle leçon de vie. Il m’a appris la liberté. En étant aujourd’hui candidat à la présidence des Républicains, je suis plus que jamais sarkozyste. Seules la volonté et l’audace peuvent offrir l’espérance.

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